Qu’est-ce que le live streaming ?
Le streaming est une activité mettant en contact deux personnes, ou plus, via leur webcam. Cela permet une communication vidéo et audio en temps réel.
Mais toute technologie révolutionnant la communication entraîne également des dérives. Le live streaming pédocriminel, soit la diffusion en direct d’abus sexuels sur des enfants, en est l’un des exemples les plus infâmes.
Cette pratique, en pleine expansion, engendre un nombre croissant de victimes. Le mode opératoire est simple, éphémère et laisse peu, voire pas de traces, car les appels vidéo ne sont pas enregistrés. Un véritable casse-tête pour les enquêteurs.
Le live streaming repose sur une relation d’offre et de demande. Dans de nombreux cas, un commanditaire entre en contact avec une famille, souvent en grande précarité, qu’il rémunère pour obtenir en direct des contenus pornographiques personnalisés. Les scènes exigées peuvent impliquer les parents, les enfants — y compris des nouveau-nés —, voire des animaux domestiques. La seule limite est celle du fantasme du client.
Un pays est particulièrement touché par ce phénomène : les Philippines. Selon le gouvernement philippin, le nombre de signalements de contenus pédocriminels a augmenté de 200 % durant la pandémie de Covid-19. En 2022, il était estimé qu’un enfant sur cinq avait été victime d’abus ou d’exploitation sexuelle.
Ce pays, marqué par une pauvreté endémique, est devenu l’un des principaux foyers du live streaming pédocriminel. Des clients, majoritairement occidentaux, versent des sommes dérisoires à des familles, qui acceptent alors de commettre les pires actes. Les exemples glaçants vont de l’abus d’une mère sur sa fille de 9 ans, jusqu’à des fellations imposées à un enfant de 4 ans.
Cachés derrière leur écran, protégés par l’anonymat et la distance géographique, ces pédocriminels se sentent intouchables. Pour eux, le live streaming représente une escalade après le simple visionnage ou la détention d’images. Ce sentiment de contrôle est souvent une étape intermédiaire avant un passage à l’acte réel.
Le 16 juin dernier, le parquet de Paris et les services de police ont prouvé leur investissement dans la lutte contre ce phénomène en montant une opération internationale conjointe en Colombie qui a permis l’arrestation simultanée du commanditaire français, des adultes impliqués en Colombie, et la mise en sécurité de plusieurs enfants victimes. La saisie et l’exploitation du matériel informatique par les enquêteurs sur ordre du juge d’instruction sont en cours. Encore une fois, la collaboration internationale porte ses fruits contre la pédocriminalité !
Source : Enfants d’Asie / RTL




