Cette vaste opération a été rendue possible grâce aux échanges entre les enquêteurs et un
pédocriminel interpellé à l’été 2024, que le commissaire Quentin Brévan a qualifié d’«
extrêmement dangereux »
Pendant plusieurs jours, 120 enquêteurs ont été mobilisés pour procéder à des
arrestations simultanées dans 42 départements. Police et gendarmerie ont travaillé
ensemble pour mettre un terme à des actes pédocriminels d’une extrême gravité.
Les mis en cause sont soupçonnés non seulement de consulter et de partager des
images et vidéos d’agressions sexuelles sur mineurs, mais aussi d’encourager les
agresseurs à produire de nouveaux contenus. Autrement dit, d’inciter à commettre
d’autres violences.
40 parquets ont été saisis. Et l’urgence était bien réelle : tous les suspects étaient en
contact direct avec des enfants, soit par leur métier (comme un professeur de musique),
soit dans un cadre familial (père, grand-père…).
Grâce au travail rigoureux des enquêteurs, tous les suspects sont poursuivis. Aucun
dossier n’a été classé sans suite — un exploit.
Cette opération d’envergure, menée entre le 19 et le 22 mai, a permis l’interpellation de 55
hommes, âgés de 25 à 75 ans, aux profils variés : fonctionnaire, ambulancier, et même un
évêque gallican. Tous ont été arrêtés chez eux, au petit matin, après dix mois d’enquête.
Selon le commissaire Brévan, cette vague d’arrestations a ciblé en priorité des hommes
déjà condamnés ou en lien étroit avec des enfants. Mais une question demeure :
Combien de prédateurs sont encore passés entre les mailles du filet ?
Les victimes sont des enfants de quelques mois à une douzaine d’années, souvent
proches des agresseurs : enfants, petits-enfants, élèves…
Grâce à ces arrestations, ils ont pu être mis à l’abri d’un danger imminent et d’éventuelles
agressions répétées.
Rappelons que la mise en examen du PDG de Telegram, en août 2024, pour avoir facilité
l’utilisation de la plateforme à des fins criminelles, avait marqué un tournant en affirmant les
responsabilités légale et pénale des chefs d’entreprises par les opportunités criminelles
qu’ils offrent. Malgré cela, la réputation de l’application
a continué à séduire les criminels, leur donnant un réel sentiment d’impunité.
Peu de modération, des réponses trop lentes aux demandes des forces de l’ordre : certaines
messageries sont toujours utilisées pour diffuser des images criminelles, mais aussi
échanger des conseils pour ne pas se faire prendre, créant peu à peu de véritables
réseaux pédocriminels.
Comme le souligne le commissaire Brévan, ces messageries sont un « terreau propice » à
ces crimes. Et les enquêteurs doivent sans cesse s’adapter aux outils technologiques
utilisés par les agresseurs.
Aujourd’hui encore, le manque de modération et la lenteur des plateformes mettent en
danger des enfants.
Un jour, espérons-le, des moyens suffisants seront enfin alloués à la protection des
mineurs.
Un jour, une véritable prise de conscience rendra notre action inutile.
En attendant, nous restons là. Pour protéger les enfants.




