Le coin lecture d’Aquila vous propose cette semaine un roman poignant à offrir à vos ados à partir de 11 ans, mais qui ravira tout autant les adultes par son style percutant et sa délicatesse.
Bienvenue dans l’univers de Plus jamais petite de Séverine Vidal.
Miley ne s’appelle plus Miley, mais Lucie. Le récit s’ouvre sur une adolescente partie rendre visite à son père en prison. Trente pas et un ravin infranchissable les séparent : Lucie a dénoncé son père incestueux et a enfin le courage de revenir l’affronter. Quelques minutes de solitude pendant lesquelles Lucie remonte le temps et nous ouvre la porte de son passé et de ses émotions, de l’enfance avec un père alcoolique à la révélation des agressions.
⚠️Alerte Spoiler : Entre Saint-Malo et Paris, des copains qui lui offrent un semblant d’adolescence, une grand-mère prête à choisir sa petite-fille et une mère tendre et protectrice, Miley dénonce les abus subis dans son journal intime à l’encre rose pour colorer la noirceur de son quotidien.
Un jour, sa mère l’ouvre.
C’est la fin du cauchemar, et Miley devient Lucie (la lumière en latin), refusant jusqu’au nom que son agresseur avait choisi pour elle.
L’avis d’Aquila : La force de ce bref roman (50 pages) tient en la force de son héroïne, sa capacité à livrer ses émotions, ses espoirs, et à nous faire vivre le combat interne d’une victime d’inceste.
Autre point fort : les personnages secondaires qui enseignent au lecteur la bonne attitude face à la révélation des abus. La mère de Lucie, ses copains, sa grand-mère, le tribunal, tous la croient et la choisissent, bien loin des statistiques du monde réel. La confiance ainsi retrouvée permet une délicieuse scène finale que je ne vous révélerai pas… mais ce n’est pas l’envie qui manque !
Petit + pour les enseignants : un court roman abordable en 3e, écrit à la 1ère personne, avec de vraies qualités littéraires qui s’insère parfaitement dans les programmes. Idéal pour aborder un thème sensible en classe, tout en pudeur et en vérité.
Comme d’habitude pour nos conseils lecture destinés aux jeunes, aucune violence explicite ni description précise des abus, mais une évocation pudique et compréhensible de l’inceste, accessible dès l’entrée au collège.
Médaille d’or pour ce petit chef-d’œuvre d’utilité publique !




